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Un acte majeur pour le Sénégal

L ’Union africaine (Ua) a entrepris de négocier un Accord de libre-échange continentale (ZLEC) impliquant de profonds engagements en matière de libéralisation des échanges commerciaux, accompagnés de grands mécanismes d’ajustement et de compensation en vue de compenser les pertes éventuelles. En effet, compte tenu du peu de progrès réalisés dans les négociations commerciales multilatérales au niveau mondial, le renforcement d’intégration économique et, partant la Zone de Libre-échange Continentale Africaine est perçue comme la seule institution qui nous permettra d’avancer dans cette direction et d’avoir plus d’opportunités commerciales au-delà du système commercial multilatéral. Le Sénégal, un des 44 pays africains signataires de l’Accord a toutefois émis les réserves. En effet, parce que les pays n’ayant pas le même niveau de développement, cet accord est progressif, inclusif et il permet à chaque pays de protéger un certain nombre de secteurs sensibles et cela est échelonné  dans le temps. Aussi, le paraphe du Sénégal en ce qui concerne les secteurs sensibles comme le transport aérien, l’industrie et la production est renvoyé à plus tard, le temps de les mettre à niveau. Selon le chef de l’Etat, Macky Sall « l’accord global de Kigali est important car c’est un acte majeur, un adjuvent essentiel pour la marche de l’Afrique vers son unité ». Aussi, considérant que « le commerce intra- africain est resté très faible et représente environ 11% des échanges avec le reste du monde », il a soutenu qu’ « avec cette perspective de zone de libre échange d’une union douanière, nous pourrons booster le niveau des échanges commerciaux au sein de l’Afrique à plus de 52% en levant les barrières douanières, en facilitant les échanges, en développant aussi les infrastructures entre les pays et surtout, en évitant des barrières non douanières qui sont des facteurs de protection indue ». En d’autres termes, cette Initiative de l’organisation panafricaine, la ZLEC devra créer un bloc commercial de 1,2 milliard de personnes avec un PIB combiné de plus de 2 000 milliards de dollars. L’accord engage les pays à supprimer les droits de douane sur 90% des biens et à libéraliser les services. Toutefois, le Sénégal n’a pas voulu signer l’accord sur le transport aérien puisqu’aujourd’hui, nous en Afrique trois à quatre pays (South African Airways, Ethiopian Airlines, Kenya Airways, Royal air Maroc) dominent ce marché. Et parce que le Sénégal vient à peine de relancer sa compagnie aérienne nationale, il a besoin d’une mise à niveau qui prendra peut-être cinq ans pour lui permettre de rentrer dans cette compétition du trafic aérien africain. En outre, en ce qui concerne l’industrie et les productions, il y’a des situations qui vont se poser et le ministère du commerce, dans le cadre des négociations qui ont suivi cet accord, verra l’intégration d’un certain nombre d’annexes, lesquels en font partie intégrante et c’est là où tous ces détails seront faits. Une fois que les instruments auront été approuvés, les domaines de l’agenda incorporé pourront être mis en œuvre. En attendant, des activités de sensibilisation à l’échelle nationale doivent être mené au préalable, par qui de droit, afin que tous les ressortissants des pays africains soient pleinement conscients des efforts déployés pour établir la Zone de Libre-échange Continentale. Cela permettra, à nouveau, de faciliter une ratification plus rapide de l’instrument juridique de la ZLEC. En effet, son entrée en vigueur nécessite sa ratification par un minimum de 22 pays. Après le Ghana et le Kenya, le Rwanda est le troisième pays à ratifier la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC), informait un communiqué de l’Union africaine (UA).