Le cinéaste malien qui vient de tirer sa
révérence restera à jamais un Grand
d’Afrique, maître incontesté de la ca
méra qui a réalisé des œuvres fortes : Den
Muso, Baara, Finye, Yeelen et Waati.
Qui a été reconnu comme tel dans le monde
entier avec la consécration de Yeelen au
festival de Cannes en 1987.
Grand Prix spécial du jury, le premier africain
à remporter une telle distinction.
Il réalisera ensuite Waati.
L’homme est méticuleux et son écriture ci
nématographique soignée.
Ses images sont bien ciselées, comme dans
Yeelen où la lumière est traitée avec doigté
si on peut dire.
Souleymane Cissé a fait honneur à toute
l’Afrique et laisse à la postérité une œuvre
respectable.
Il est de ceux qui ont osé faire du cinéma,un
travail d’artiste et d’investisseur exigeant
et qui est, encore aujourd’hui, un défi re
doutable en Afrique.
Car il faut mobiliser des financements im
portants et prendre de gros risques.
Sans garantie de succès.
Cissé a osé et a réussi.
Il est une référence pour la nouvelle géné
ration qui dispose de moyens technolo
giques exceptionnels qui peuvent permettre
d’amoindrir les coûts.
Et pas toujours car le cinéma est à la fois
art et industrie.
Et doit être rentable.
Le défi est permanent.
La conquête de la beauté en vaut la chan
delle.
Adieu créateur de vent (Finye) et de lumière
(Yeelen)
