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Une présidentielle à haut risque

Alassane Ouattara semble se diriger
vers une réélection, à un quatrième
mandat qui lui tend les bras.
À la suite de l’élimination de ses adversaires
politiques les plus redoutables, à savoir Tid
jani Thiam, Laurent Gbagbo, voire Guillaume
Soro.
Les partisans du chef de l’État ivoirien le lavent
de tout soupçon de manipulation de la jus
tice, qui « a agi en toute transparence, pour
appliquer la loi : DURA LEX SED LEX ! »
Dans les cas de Gbagbo et de Soro, accusés
de braquage de la banque centrale, l’argu
mentation est solide, même si, depuis lors,
une « détente politique » aurait pu favoriser
une mesure d’amnistie,
qui aurait permis de décanter la situation et
de pacifier l’espace public.
La présidentielle du mois d’octobre en serait
plus ouverte, plus démocratique et plus in
clusive.
Cela renforcerait la démocratie ivoirienne,
qui en a bien besoin.
Mais tout laisse croire que le pouvoir ne va
pas reculer et que les tensions vont perdurer
jusqu’au scrutin et au-delà.
Les expériences de guerre civile qui ont ba
lafré la Côte d’Ivoire, qui avait réussi à exor
ciser ses démons et bâtir une réconciliation
nationale durable, continuent de hanter les
citoyens et les amis de ce pays-phare de
l’Afrique de l’Ouest.
La situation économique est remarquable
par rapport à tous ses voisins et/ou parte
naires de la zone UEMOA (Union économique
et monétaire ouest-africaine).
C’est pourquoi ce pays béni attire les inves
tisseurs, qui y affluent.
Cette situation pourrait être menacée en cas
de violences électorales.
À l’évidence, ce qui s’est déjà passé peut en
core se passer.
Les Ivoiriens le savent et connaissent aussi
ce qu’il faut faire pour bâtir des compromis
dynamiques qui permettent de ressouder
l’unité nationale.
Le président Ouattara, qui a été victime de «
l’ivoirité », a conscience des dangers que la
xénophobie, l’ethnicisme et les germes de
haine, en tous genres, peuvent générer dans
un pays.
Le vécu tragique ivoirien en témoigne, et la
Côte d’Ivoire a les ressources politiques, so
ciales et culturelles pour trouver des solutions
consensuelles et durables.
Il se pourrait aussi que Ouattara veuille at
tendre la période post-électorale pour porter
son manteau de rassembleur.
Il faut souhaiter que les tensions soient conte
nues jusqu’à cette séquence, qui peut aussi
être cruciale.
Pour le moment, Ouattara est le maître du
jeu.