Skip to content

GUERRE EN UKRAINE Poutine et Zelenski jouentla montre

Poutine vient d’informer Trump, par
téléphone (ce 3 juillet), qu’il « pour
suivait les objectifs de sa guerre en
Ukraine, tout en restant ouvert à des négo
ciations de paix ».
Rien ne presse donc pour le président russe
qui, tout de suite après cet entretien télépho
nique, a lancé une attaque XXL sur Kiev, avec
550 drones.
Zelensky a commenté en essayant de mettre
à mal la relation Trump / Poutine.
Mais il oublie qu’à chaque fois que des pour
parlers sérieux de paix sont engagés, il fait
une démonstration de force en attaquant la
Russie sur son territoire, en bombardant des
aéroports, des dépôts d’armes, et même en
faisant éliminer de hautes personnalités
russes dans les environs de Moscou, sachant
parfaitement que la réaction du chef du Krem
lin sera dévastatrice.
Ce cercle vicieux, qui prolonge la guerre et
fait s’entasser des dizaines de milliers de
morts, va continuer. Malheureusement, car
la seule personne qui peut aider à y mettre
fin, dans l’état actuel des choses, Trump, sem
ble découragée par le manque de volonté
des deux belligérants.
Sa lassitude est une mauvaise nouvelle, sur
tout pour Kiev, qui ne bénéficie plus des aides
massives de l’ère Biden et qui ne reçoit pas
suffisamment de moyens (armes, finances)
de ses alliés européens, lesquels brassent
beaucoup de paroles, fustigent Moscou et
poussent donc Kiev à la radicalisation, tout
en sachant qu’ils ne peuvent fournir une aide
décisive à Zelensky.
Ce dernier, piégé par ses propres bravades,
se retrouve au milieu du gué, sans solution,
avec la décision de Trump de baisser drasti
quement le volume de l’aide américaine. À
juste titre, car personne ne peut financer une
guerre sans fin qui n’est pas la sienne.
Les Européens n’ont ni les stocks d’armes né
cessaires, ni l’argent, et excluent tout envoi
de troupes sur le sol ukrainien. Dans ce
contexte, c’est Poutine qui tire les marrons
du feu, car lui n’a pas d’agenda démocratique
à craindre, et il tient le pouvoir depuis plus
d’un quart de siècle.
Il peut parfaitement attendre la fin des man
dats des différents leaders occidentaux.
Les pertes en vies humaines sont « résorbées»
(si l’on peut dire) par des troupes nord-co
réennes, par exemple.
Pour les ressources financières, la Russie peut
tirer la langue, mais elle dispose de possibi
lités presque infinies.
Le réalisme politique devrait dicter de pousser
Zelensky à mettre beaucoup d’eau dans son
vin et à privilégier les négociations, où il va
certes laisser des plumes. C’est le prix de la
faiblesse à payer.
Comme lorsqu’en 2014, la Crimée a été an
nexée, sans aucune réaction des Occidentaux.
Cette fois-ci, « l’opération spéciale » a coûté
cher à la Russie, qui a subi de lourdes pertes
et qui, sur le plan économique, a perdu des
créneaux commerciaux avec les États euro
péens — toutes choses qui font réfléchir le
régime Poutine.
Cette guerre, en cours, a consacré l’appro
fondissement d’une césure entre Moscou et
l’Europe. La rupture va durer, et il faudra
beaucoup de temps pour calmer les esprits.
En attendant, les Européens vont renforcer
leur dépendance par rapport aux États-Unis
et augmenter leur contribution à l’OTAN (5
% du PIB). Ce que Trump a exigé — et obtenu.
Il est donc le grand gagnant de ce conflit,
qu’il est le seul médiateur crédible à pouvoir
aider à résoudre.
Mais l’entêtement de Zelensky et le raidisse
ment de Poutine repoussent toute solution
envisageable à court terme.
Ce qui est évident, c’est que l’Ukraine ne peut
plus tenir le rythme imposé par Poutine, faute
de soutien massif américain, qui n’est plus à
l’ordre du jour. Les Européens parlent beau
coup, décrètent des sanctions (la 18e fournée
vient d’être adoptée) et restent impuissants.
La paix a un prix, et il faudra le payer, en pre
nant en compte l’égo de Poutine. Ce dernier
ne peut pas être vaincu par l’Ukraine, qui n’a
ni les hommes, ni les armes, et surtout pas
les ogives nucléaires dont dispose, en abon
dance, la Russie. Une sortie honorable est
l’objectif à viser par les deux belligérants,
même si c’est bien la Russie l’agresseur.
À l’évidence, Poutine ne va pas se lancer dans
une autre aventure aussi coûteuse, et même
risquée pour son régime, avec les fragilités
constatées ayant permis l’assassinat de
hautes personnalités en territoire russe.
Mais il a besoin de sortir « victorieux » de cette
guerre qu’il a lancée.
Zelensky doit comprendre cela et agir en di
plomate réaliste. Poutine et lui ne boxent pas
dans la même catégorie, et il ne s’agit pas
d’une question morale, mais d’un rapport de
force.
« Ce cercle vicieux, qui prolonge la guerre et fait s’entasser des dizaines de
milliers de morts, va continuer. Malheureusement, car la seule personne qui
peut aider à y mettre fin, dans l’état actuel des choses, Trump, semble
découragée par le manque de volonté des deux belligérants. »