Les chefs d’État de la Mauritanie, Gha
zouani, du Sénégal, Diomaye Faye, de
la Guinée-Bissau, Emballo, du Libéria,
Joseph Boacki, et du Gabon, Oligui Nguéma,
ont été les hôtes de Donald Trump le 9 juillet,
à la Maison-Blanche.
Ce choix, qui cible l’Ouest du continent, est
compréhensible, car cette partie de l’Afrique
fait face à l’Amérique, dont elle est séparée
par l’océan Atlantique.
Il s’est agi donc d’une rencontre de voisins,
certes éloignés géographiquement, mais qui
ont des intérêts sécuritaires communs. Mais
aussi économiques, car Trump a autorisé l’ex
ploitation minière des fonds océaniques.
Toutefois, les intérêts géostratégiques sont
aussi à prendre en compte, notamment les
présences chinoise (investissements, in
fluence diverse) et russe (militaire, écono
mique et idéologique). Trump avait négligé
l’Afrique lors de son premier mandat et n’avait
ni tenu un sommet USA/Afrique (comme son
prédécesseur Obama), ni fait un seul voyage
sur le continent.
C’est sa femme, Melania Trump, qui avait
rendu visite à quelques pays africains (Ghana,
Malawi, Kenya et Égypte).
Cette fois-ci, Trump adopte une autre dé
marche et semble vouloir renforcer les rela
tions bilatérales entre les USA et l’Afrique,
dans l’intérêt bien compris des deux parte
naires. Homme d’État et d’affaires, le locataire
de la Maison-Blanche est pragmatique et pri
vilégie les « deals gagnant-gagnant » à l’aide.
C’est ce qui est souhaitable, même si les ac
tions de l’USAID ont beaucoup impacté po
sitivement les pays africains les plus pauvres.
Les présidents George W. Bush et Barack
Obama ont aidé l’Afrique, le premier dans la
lutte contre le Sida notamment, le second
pour l’électrification.
Il est vrai que le donnant-donnant est l’idéal
et renforce la souveraineté des États.
Mais l’aide au développement, bien ciblée,
est encore nécessaire pour l’Afrique et de
nombreux autres pays du Sud, en Amérique
du Sud et en Asie.
L’invitation faite par Trump à ces cinq chefs
d’État africains est à saluer ; mais une question
se pose : pourquoi ces cinq ?
Les médias vont épiloguer sur le sujet, et
peut-être que Trump pourrait, un jour, donner
les raisons de ce choix.
