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SPORT PSG

L’avenir du PSG au Parc des Princes, un enjeu

pour tous les candidats à la Mairie de Paris

 socialiste Anne Hidalgo ayant décidé de ne pas se représenter en

mars 2026, les prétendants à sa succession planchent déjà sur leurs

options pour renouer le dialogue avec les dirigeants du club, afin de

permettre son maintien dans son enceinte historique.

Par Alexandre Lemarié

Le Parc des Princes, avant la demi-finale retour de la Ligue des champions entre

Arsenal et le Paris Saint-Germain, le 7 mai 2025. PETER CZIBORRA / ACTION IMAGES VIA

REUTERS

C’est un des sujets majeurs de la campagne des élections municipales à Paris. Le stade du Paris Saint-

Germain (PSG) est un dossier aussi sensible que stratégique du scrutin de mars 2026. Alors que le club

de football étudie la possibilité de construire une nouvelle enceinte à Massy (Essonne) ou à Poissy

(Yvelines), la majorité des candidats à la succession de la socialiste Anne Hidalgo s’accordent sur leur

volonté de continuer à voir jouer le champion d’Europe dans son antre historique de la porte de

Saint-Cloud.

« Le PSG, c’est le Parc des Princes et le Parc des Princes, c’est le PSG », résume Pierre-Yves Bournazel

(Horizons), insistant sur « l’attachement des supporteurs et des Parisiens en général à ce stade qui

appartient au patrimoine de la ville ». Chacun y va donc de ses propositions et prône un changement

de méthode pour sortir du blocage actuel entre la majorité sortante et le club, qui ont rompu le

dialogue en novembre 2022.

Le candidat du Parti socialiste, Emmanuel Grégoire, souhaite ainsi « reprendre la discussion sur des

bases saines avec l’actionnaire [du PSG, le fonds Qatar Sport Investments] » afin de trouver un accord,

avant de « demander un mandat du Conseil de Paris pour pouvoir mener les négociations ». Alors

qu’Anne Hidalgo est brouillée avec le président du Paris Saint-Germain, Nasser Al-Khelaïfi, son ancien

premier adjoint a!rme, à l’inverse, entretenir « des relations respectueuses » avec ce dernier.

Emmanuel Grégoire se dit prêt à « mettre toutes les options sur la table », y compris celle d’« une

cession » du Parc des Princes, afin que le club puisse mener des travaux d’agrandissement.

Lire aussi | « Le Parc des Princes, c’est comme une maison de famille »

Cette éventualité est privilégiée par Pierre-Yves Bournazel, qui entend proposer à la formation

d’allonger la durée du bail emphytéotique qui le lie à la ville jusqu’en 2043. « Il faut largement le

prolonger pour donner de la visibilité au club », afin qu’il puisse financer les travaux de rénovation du

stade. Le candidat soutenu par Edouard Philippe évoque même la possibilité que la municipalité

puisse prendre en charge une partie du chantier, évalué à près de 500 millions d’euros.

Potentiel « conflit d’intérêts »

L’écologiste David Belliard, lui, plaide pour une « consultation citoyenne » afin de laisser les Parisiens

trancher, tandis que le communiste Ian Brossat suggère d’« associer les supporteurs, à travers un

projet d’actionnariat populaire », suivant le modèle des « socios », notamment en vigueur au FC

Barcelone.Enquêtes, reportages, analyses : l’actualité du sport dans votre boîte e-

mail chaque samediRachida Dati, la candidate du parti Les Républicains (LR), se positionne comme la mieux placée pour

renouer avec les dirigeants du PSG. « Sa valeur ajoutée par rapport aux autres, surtout ceux issus de

l’équipe municipale sortante, c’est qu’elle peut rétablir un climat de confiance », a!rme son bras droit,

David Alphand. Le conseiller LR de Paris présente sa bonne entente avec les actionnaires comme un

atout pour « reprendre un dialogue constructif ». « La dimension relationnelle peut être déterminante »,

estime-t-il, à propos de celle qui a a!ché sa proximité avec le club à de nombreuses reprises, ces

dernières années, et n’a jamais exclu une vente, à terme, du Parc des Princes.

Un positionnement justement dénoncé par ses adversaires politiques, qui suspectent le club de miser

sur son élection pour mettre la main sur l’enceinte. « La proximité de Rachida Dati avec le Qatar pose

problème », s’alarme l’un d’eux, qui y voit « un sujet majeur de déontologie » et un potentiel « conflit

d’intérêts ».

Une référence à l’information judiciaire menée depuis 2023 par le juge d’instruction Serge Tournaire :

le lobbyiste franco-algérien Tayeb Benabderrahmane, arrêté au Qatar en 2020 car il aurait été en

possession de données compromettantes sur Nasser Al-Khelaïfi, accuse notamment cette dernière

d’avoir joué les intermédiaires lors des négociations pour sa libération avec les autorités de l’émirat et

d’avoir fait preuve de « duplicité » en « profitant » de son incarcération pour ses « intérêts »

personnels.

Lire aussi | Le rôle présumé de Rachida Dati et Francis Szpiner sur la séquestration

supposée d’un lobbyiste au Qatar en question

« Si elle est élue et qu’il y a des négociations autour de la vente du Parc des Princes, comment être sûr

qu’elle défendra bien l’intérêt des Parisiens et non des intérêts privés ? », demande un autre postulant à

la mairie, qui trouverait « logique qu’elle se déporte et ne s’occupe pas de ce dossier ». « On verra le

moment venu », temporise David Alphand, déplorant « des attaques » qui tirent « le débat vers le

fond ». Preuve s’il en fallait que la question du stade du PSG est de nature à pimenter la campagne.

Pour approfondir (1 article)

Le PSG à Massy, Poissy ou… Paris ? Pour le lieu de son futur

stade, le club attend le résultat des municipales