Sur RFI, le procureur adjoint a livré un plaidoyer vigoureux pour l’indépendance de son institution. Du mandat d’arrêt contre Benjamin Netanyahou aux enquêtes en RDC, le magistrat sénégalais assure que « la loi est la même pour tous »
(SenePlus) – Invité de l’émission « Décryptage » sur RFI samedi, le procureur adjoint de la Cour Pénale Internationale (CPI), Mame Mandiaye Niang, a défendu le bilan et les perspectives de la juridiction. Du mandat d’arrêt contre Netanyahou aux enquêtes en RDC, le magistrat sénégalais plaide pour une justice mondiale plus réactive.
C’est un plaidoyer pour l’efficacité et l’universalité de la justice que Mame Mandiaye Niang a livré au micro de Frédéric Jeuneau. Face aux critiques récurrentes sur la lenteur ou la partialité supposée de la Cour, le procureur adjoint a tenu à remettre les pendules à l’heure : « La CPI n’est plus cette juridiction lointaine et bureaucratique. Nous sommes sur le terrain, aux côtés des victimes ».Interrogé sur le mandat d’arrêt émis contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui a suscité de vives réactions, notamment aux États-Unis, Mame Mandiaye Niang a été catégorique. « La loi est la même pour tous », a-t-il martelé, rejetant toute accusation de politisation. Pour lui, cette décision prouve au contraire que la Cour ne recule devant aucun statut, qu’il s’agisse de chefs d’État en exercice ou de chefs de guerre. « Notre seul boussole, c’est le Statut de Rome et les preuves », a-t-il insisté.L’actualité africaine a occupé une large part de l’entretien. Le procureur a confirmé que la situation dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) restait une « priorité absolue ». Il a annoncé que ses équipes travaillaient activement sur les crimes commis dans le Nord-Kivu, promettant des résultats concrets. « Nous ne laisserons pas l’impunité s’installer, quel que soit le rang des auteurs », a-t-il averti, tout en appelant à une meilleure coopération des États de la région.Conscient des limites actuelles, le magistrat sénégalais a également esquissé des pistes de réforme. Il souhaite alléger les procédures pour accélérer les procès et renforcer la protection des témoins, souvent exposés à des menaces. « La justice doit être rendue dans un délai raisonnable pour avoir du sens pour les victimes », a conclu Mame Mandiaye Niang, affichant sa détermination à faire de la CPI un outil plus agile au service de la paix internationale.
