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Pensées et prières pour Bara Diouf, véritable icône de la presse sénégalaise et africaine.

Pionnier, grande plume et homme de transmission, il a profondément marqué l’histoire du journalisme au Sénégal. Premier Sénégalais à diriger l’Agence de presse sénégalaise (@APS_Senegal), de 1961 à 1964, il fut également une figure majeure du quotidien Le Soleil @LeSoleilonline, dont il devint rédacteur en chef dès sa création en 1970, avant d’en assurer la direction de 1974 à 1988. Bara Diouf a ainsi formé et inspiré plusieurs générations de journalistes. Mais saluons aussi Bara Diouf, l’homme politique. Membre du Bureau politique de l’UPS, puis du Parti socialiste, son parcours illustre également les rapports très étroits qui existaient alors entre le quotidien national et le parti au pouvoir. Cette conception du rôle du futur Soleil avait été clairement exposée dès le congrès de l’UPS de 1969 par Thierno Diop, secrétaire à la presse du parti — voir notamment les travaux de Mamadou Koumé. Le quotidien national devait être étroitement lié à l’UPS et son rédacteur en chef appelé à siéger au Bureau politique. La presse nationale était alors pensée comme un instrument d’animation, de vulgarisation, d’explication et de coordination, mais aussi comme un relais de la politique officielle. Une configuration que l’on pourrait relire à la lumière de ce qu’Althusser conceptualisera en 1970 sous la notion d’« appareils idéologiques d’État », parmi lesquels il range notamment les media. Est-ce que cela a fondamentalement changé ? Même si le pluralisme idéologique s’est installé ? C’est dans ce contexte historique particulier qu’il faut aussi comprendre la double stature de Bara Diouf : immense professionnel de la presse et acteur engagé de la vie politique sénégalaise. Après son départ du Soleil, il poursuivit d’ailleurs cet engagement comme député du Parti socialiste. Jarbaat, je me souviens d’une discussion que j’avais eue avec lui. Bara m’avait raconté un accident qu’il avait eu en se rendant à Kaolack, si ma mémoire est bonne, pour assister à des funérailles. En me remémorant aujourd’hui cet échange, cette phrase prononcée par François Mitterrand lors de ses derniers vœux aux Français, le 31 décembre 1994, m’est revenue à l’esprit : «Je crois aux forces de l’esprit» reformulé par Bara. Pensées et prières pour Niokhor Diouf, le frère de Bara, avec qui j’ai eu le plaisir de travailler à l’APS. Que leur âme repose en paix. 🙏🏾 Sur la date de la disparition de Bara Diouf, on trouve également le 7 septembre 2016. Comme encore hier à propos de l’imam Maodo Sylla, décédé à trois heures du matin, dont son petit-fils Abdoulaye Diagne situait le décès par rapport à la journée suivante. Question de culture et de perception du début et de la fin d’une journée. Pour me simplifier la tâche, je prends la date du 6 Septembre 2016 de SenegalDates de Atoumane Mbaye. #kebetu #Senegal #6septembre